« Aujourd’hui on a marqué l’histoire », clame François Legault, élu premier ministre

    © Paul Chiasson « Aujourd’hui on a marqué l’histoire », clame François Legault, élu premier                  ministre




« Aujourd'hui, on a marqué l'histoire », a lancé François Legault en fin de soirée, lundi soir. Dans une ambiance de fête, devant plusieurs centaines de militants rassemblés à Québec, le premier ministre désigné du Québec, à la tête d'un gouvernement majoritaire de la Coalition avenir Québec, a promis de se « retrousser les manches » pour « bâtir un Québec plus fort, un Québec plus fier ».
Un texte de Romain Schué
« On a réussi à rassembler et c’est dans cet esprit de rassemblement que j’ai l’intention de gouverner pour tous les Québécois », a clamé sur la scène du Centre des congrès le chef de la CAQ.
Ce dernier avait suivi la victoire de son parti dans une chambre d'hôtel voisine, avec sa femme, Isabelle Brais, et ses deux fils, avant de rejoindre les militants et candidats de son parti vers 23 h.
Le nouveau premier ministre élu, dans un discours d'une dizaine de minutes, a ensuite invité « tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté à se joindre à nous pour faire faire plus, pour faire mieux pour tous les Québécois ».
Les Québécois ont choisi l'espoir. L'espoir d'un gouvernement porteur d'un changement positif.
François Legault, nouveau premier ministre élu du Québec
Sous les ovations de ses partisans, l'ex-homme d'affaires et ancien ministre péquiste s'est engagé à offrir « un gouvernement efficace, humain [...] qui a le cœur a la bonne place, mais les deux pieds sur terre ».
Assurant être « capable » de relever les « défis immense », il a promis de « bâtir un Québec plus fort, un Québec plus fier », tout en ayant un mot pour les autres chefs battus.
« Même si on est des adversaires, on n'est pas des ennemis. Il y a beaucoup plus de choses que l'on partage, que de choses qui nous divisent », a-t-il repris, avant de tendre la main aux anglophones, qui, traditionnellement, sont plus proches du Parti libéral du Québec.
« Mon gouvernement sera votre gouvernement », a-t-il mentionné.
« Pour moi, la principale qualité d’un premier ministre, c’est d’aimer les Québécois. Je n’oublierai jamais ça. Jamais », a également lancé François Legault qui, avant de rejoindre son équipe, s'était entretenu avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et le maire de Québec, Régis Labeaume.
Scènes de liesse
Plus tôt, dès l'annonce des premiers résultats, le Centre des congrès était en liesse. Candidats et militants ont célébré le succès de cette formation politique fondée en novembre 2011.
Devant l'ampleur des résultats et l'important succès de la CAQ, beaucoup ont fait part de leur étonnement.
« Même moi, je suis surpris », a lancé, tout sourire, le député de Lévis, François Paradis, tout en reconnaissant avoir eu « une saine nervosité » au cours de la journée.
« On n’espérait pas autant de gains, aussi rapidement », a souligné Guillaume Simard-Leduc, le porte-parole du chef caquiste.
Président de l'aile jeunesse du parti, Kevin Paquette n'en revenait pas. « Ça va au-delà de mes espérances, mais c’est ce qu’on voyait sur le terrain », a-t-il déclaré, tout en brandissant un gadget aux couleurs de la CAQ.
Des candidats « sans mots »
Après avoir connu une campagne difficile, blanchi par la Commissaire à l'éthique à la suite d'un prêt contracté avec un maire de sa circonscription, Éric Caire, réélu dans La Peltrie, a lui aussi partagé sa joie. « C'est absolument incroyable », a-t-il confié.
« C'est fantastique, je suis sans mots. On s'attendait à former le gouvernement, mais on ne pensait pas avoir un résultat aussi fort », a-t-il avoué.
Un sentiment partagé par Geneviève Guilbault, qui conserve son siège dans Louis-Hébert, dans la région de Québec. « C'est une heureuse surprise. On était confiant, mais un peu fébrile, car on ne tenait rien pour acquis », a-t-elle souligné, avant d'évoquer la soirée festive qui attend la CAQ.
« J'imagine qu'il y en a qui auront le cœur à la fête ce soir jusqu'à très tard », a repris Mme Guilbault.
L'ancienne ministre libérale, Marguerite Blais, qui a décidé de rejoindre la CAQ, a quant à elle indiqué avoir appris dans sa voiture la victoire de son parti.
« Je venais des Laurentides, les gens de mon équipe criaient au téléphone. Je criais aussi de l'autre côté. C'était formidable », a-t-elle raconté, sur les coups de 22 h, en arrivant au rassemblement caquiste.
« Un moment historique », clament des militants
Vainqueur dans Chauveau, dans la région de la Capitale-Nationale, Sylvain Lévesque s'est quant à lui dit « extrêmement fier ». « C'est très agréable, un beau moment. Personne, aucun spécialiste n'avait prédit ça », a reconnu celui qui a déjà siégé à l'Assemblée nationale entre 2012 et 2014.
« On va prendre une bière maintenant », a-t-il affirmé en rigolant, avant de prendre dans ses bras un proche venu le saluer.
Casquette rouge aux couleurs du Canada, un autocollant de la CAQ collée sur la visière et un chandail de Barack Obama sur le dos, la militante Lucille Gilbert, 73 ans, a clamé son plaisir d'être « libérée des libéraux ».
« J'espère que François Legault va devenir un très bon premier ministre, je suis très confiante. Il va très bien gouverner et administrer le pays », a-t-elle lâché.
Accompagnée de sa femme, Francine, Daniel Dion, membre de la CAQ depuis cinq ans, se tient assis, une bière à la main, tout en regardant sur l'un des écrans géants les résultats positifs s'afficher.
« J'étais venu pour vivre une victoire, mais c'est un moment historique. C'est la vague que l'on espérait, même si les derniers sondages n'allaient pas dans ce sens », a-t-il assuré.
Cette victoire écrasante s'explique par « notre travail acharné », a détaillé Thomas Verville, l'un des éclaireurs de la CAQ, chargé d'organiser les déplacements de François Legault tout au long de la campagne.
« Il y avait de la tension, la victoire semblait acquise, mais on visait la majorité. On a eu des hauts et des bas, mais ce qui nous distingue, c'est qu'on a su se relever dans l'adversité », a-t-il repris, quelques minutes après avoir laissé exploser sa joie.

cbc.radio-canada  Par Romain Schué  
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